Commentaire d’investissement – Mars 2013

La gestion active et la gestion passive : une perspective canadienne

Les habitués de nos commentaires sur les placements se souviendront peut-être que nous avons abordé les déboires des gestionnaires actifs en janvier 2012. Tout le monde s’entend pour dire que les dernières années ont été relativement éprouvantes pour l’industrie de la gestion de placements, mais le débat entre la gestion active et la gestion passive fait rage depuis des dizaines d’années. Pour chaque fonds qui affiche des rendements solides, il existe de nombreuses études qui mettent en doute l’efficacité des stratégies de placement actives. Ces études soutiennent en effet qu’il n’est pas vraiment utile d’essayer de « battre » le marché, surtout lorsqu’on tient compte des frais et autres dépenses liés à la gestion active. Ce point de vue a sans doute contribué à la popularité sans cesse croissante des fonds négociés en Bourse (FNB), moins coûteux et gérés de façon passive.

Toutefois, l’on peut facilement affirmer que la fin imminente des gestionnaires actifs a été grandement exagérée, du moins en ce qui concerne le marché canadien des placements. Le dernier Active Manager Report de Russell Canada sur la gestion active renfermait quelques résultats plutôt surprenants. En effet, 76 % des gestionnaires de fonds d’actions à forte capitalisation ont surclassé l’indice composé S&P/TSX en 2012. L’année 2012 a ainsi été la meilleure année pour la gestion active depuis dix ans. Qui plus est, le rendement médian des gestionnaires d’actions à forte capitalisation s’est établi à plus de 2 % au-dessus de l’indice de référence, ce qui laisse croire que la gestion active a procuré de la valeur, même en tenant compte des frais et autres dépenses. L’année a été encore plus impressionnante pour les gestionnaires d’actions canadiennes à faible capitalisation, alors qu’ils ont affiché un rendement moyen de 8,9 % en 2012, comparativement à l’indice de titres à faible capitalisation S&P/TSX qui a perdu 2,2 % de sa valeur.

Et ces résultats ne se limitent pas aux marchés boursiers. L’indice obligataire canadien ayant affiché son rendement le plus faible depuis 1999, 95 % des gestionnaires actifs faisant partie du sommaire du rendement des fonds de titres à revenu fixe canadiens en gestion commune de Mercer ont devancé l’indice en 2012.


Pour les investisseurs canadiens, l’avantage de la gestion active réside dans la diversification accrue qu’elle procure. Un fonds d’actions canadiennes indiciel (passif) peut parfois manquer terriblement de diversité, alors que les actions des secteurs de l’énergie et des matériaux comptent pour près de 50 % de son actif. En revanche, les gestionnaires actifs ont tendance à constituer des portefeuilles beaucoup plus robustes au chapitre de l’équilibre risque/rendement. Dans le cas d’un fonds de titres à revenu fixe passif, son portefeuille renferme probablement plus de 40 % d’obligations d’État à faible rendement, des placements qui risquent de chuter de façon marquée lorsque les taux d’intérêt commenceront à grimper. Devant une telle éventualité, de nombreux gestionnaires actifs ont augmenté leur exposition aux obligations de sociétés au rendement plus élevé ainsi qu’aux obligations moins sensibles aux variations de taux d’intérêt.

Chez CPTE, nous sommes d’avis que les gestionnaires actifs talentueux peuvent procurer de la valeur au fil du temps. Comme nous venons de le constater, les gestionnaires actifs peuvent en effet réaliser des rendements plus élevés que leurs indices de référence respectifs, sans compter qu’ils réussissent à constituer des portefeuilles capables d’atténuer une part du risque propre aux fonds indiciels. Cela dit, la gestion passive présente de nombreux avantages, notamment des frais de gestion moins élevés et de meilleurs résultats durant certaines périodes. Or, la gestion active et la gestion passive ne sont pas des stratégies mutuellement exclusives. Vous pouvez en effet jumeler ces deux stratégies de placement au sein de votre portefeuille afin de tirer profit des avantages qu’elles comportent, ce qui pourrait vous permettre d’obtenir de meilleurs rendements, tout en payant des frais moins élevés. Les fournisseurs de FNB en ont pris bonne note. Après avoir offert des produits indiciels à peu de frais pendant toutes ces années, ils proposent désormais aux investisseurs canadiens de nouveaux FNB gérés activement. Comme le veut le dicton, si vous ne pouvez pas les vaincre, joignez-vous à eux!

Les articles publiés dans ce site Internet sont de portée générale et présentés uniquement à titre informatif. Vous devez obtenir les conseils d’un professionnel avant d’entreprendre toute action fondée sur les informations contenues dans ces articles. Aucune référence à des tierces parties ne doit être interprétée comme une approbation de, ou un appui pour, ces tierces parties, leurs conseils, informations, produits ou services. Les marques de commerce mentionnées dans ce site Internet sont la propriété de leurs détenteurs respectifs.

0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *