Commentaire d’investissement – Juillet 2013

Peu de chances de voir les taux d’intérêt grimper de sitôt

Voilà, c’est reparti! Les experts sèment l’inquiétude sur les marchés en évoquant la hausse imminente des taux d’intérêt et l’effondrement des obligations. Pratiquement toutes les publications, émissions de télévision et webdiffusions financières font référence à ce sujet funeste, et les investisseurs commencent à s’en ressentir. Bien que la confiance des investisseurs puisse avoir un effet sur le marché obligataire à court terme, ce sont les facteurs économiques fondamentaux qui détermineront au bout du compte les cours et les rendements obligataires.

Que vous soyez ou non convaincu que l’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale américaine a eu l’effet désiré (ou même qu’il a eu un quelconque effet) sur l’économie, la Fed n’a jamais prétendu qu’il s’agissait d’une solution permanente. Il était en effet clair que cette initiative de relance économique prendrait fin un jour. Or, que la Fed décide d’y mettre fin après que l’économie américaine se soit renforcée n’est pas nécessairement une mauvaise idée.

Les propos récents de Ben Bernanke, président de la Réserve fédérale américaine, notamment ceux selon lesquels la Fed pourrait ralentir progressivement son programme de rachat d’actifs cette année, ont été l’élément catalyseur de la hausse soudaine des ventes d’obligations. Or, diminuer les rachats de titres obligataires n’est pas du tout synonyme d’augmenter les taux d’intérêt, et ça, les investisseurs doivent bien le comprendre. Puisque le président de la Fed n’a rien dit au sujet d’une éventuelle hausse des taux, qu’est-ce qui explique ce mouvement de panique? De plus, puisque l’essentiel des données économiques publiées en juin au Canada et aux États-Unis ont été inférieures aux attentes, il y a peu de chances de voir les banques centrales relever leurs taux d’intérêt à ce stade-ci.

Addenda Capital, important gestionnaire canadien de portefeuilles de titres à revenu fixe, croit que les investisseurs ont réagi trop fortement aux commentaires de la Fed au sujet d’un éventuel ralentissement progressif de ses rachats d’actifs. Le gestionnaire est également d’avis que les banques centrales ont exprimé clairement leur engagement à laisser les taux bas dans l’avenir prévisible et que les États-Unis ont un seuil cible bien connu en matière de chômage. Les craintes d’une augmentation prochaine des taux d’intérêt à court terme semblent donc quelque peu exagérées. Fait à noter, les gens d’Addenda Capital ne sont pas les seuls de cet avis.

Ne trouvez-vous pas curieux que certains évoquent le resserrement prochain de la politique monétaire lorsque l’inflation est inférieure au taux cible, et ce, tant au Canada qu’aux États-Unis, que l’économie (particulièrement aux États-Unis) continue de tourner en deçà de son potentiel, que le chômage est élevé (aux États-Unis) et que les attentes d’inflation, selon plusieurs, sont en baisse? Sérieusement, comment peut-on croire que de telles conditions préparent le terrain pour un resserrement des taux d’intérêt?

July-2013-Graph-French

Les perspectives pour les obligations évoluent constamment, au fur et à mesure de la publication de nouvelles données, mais de l’opinion générale, la croissance économique demeurera probablement inférieure à la normale au Canada, ce qui fera en sorte que les taux d’intérêt resteront bas. Du côté des États-Unis, tant que le chômage demeurera près du taux cible de 6,5 %, il est peu probable que la Fed hausse ses taux. En ce qui a trait à la réduction progressive du rythme des rachats d’obligations de la Fed, la loi de l’offre et de la demande s’imposera, et la banque centrale américaine sera contrainte de réduire ses rachats d’obligations pour la simple et bonne raison que le nombre d’obligations d’État disponibles aura diminué. L’on s’attend à ce que le déficit américain chute de façon marquée, ce qui aura pour effet de réduire les nouvelles émissions de titres. Nous tenons à vous rappeler que la décision de réduire les rachats d’obligations n’a rien à voir avec la décision d’augmenter les taux d’intérêt, et d’après ce que les autorités monétaires américaines ont indiqué jusqu’ici, il est peu probable qu’une hausse des taux survienne avant 2015. Cela dit, l’on peut s’attendre à ce que les marchés obligataires demeurent volatils.

Les placements en titres à revenu fixe ont toujours leur place au sein d’un portefeuille, davantage pour leur capacité à contribuer à la préservation du capital que pour la réalisation de rendements faramineux. Plus particulièrement, les titres de qualité élevée permettant d’obtenir un remboursement du capital et un revenu qui sont stables et prévisibles constitueront toujours une composante importante de tout portefeuille bien diversifié. N’oubliez pas que si les taux d’intérêt augmentent de façon soudaine ou imprévue aux États-Unis, il y a fort à parier que d’autres catégories d’actif seront plus lourdement touchées que les titres à revenu fixe de qualité.

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