Commentaire d’investissement – Juillet 2014

La couverture de change pour un investisseur canadien

Comme le Canada ne représente que 3 % des occasions de placement dans le monde, les Canadiens regardent généralement à l’étranger pour construire des portefeuilles bien diversifiés. Les fluctuations du huard par rapport aux autres monnaies peuvent donc fortement influer sur le rendement du portefeuille d’un investisseur canadien. Par exemple, au dernier trimestre, les actions américaines – mesurées par l’indice S&P 500 – ont gagné 5,23 % en monnaie locale (c.-à-d. le dollar américain). Toutefois, puisque le dollar canadien s’est apprécié au cours des trois derniers mois, le rendement des actions américaines en dollars canadiens n’a été que de 1,64 %.

À première vue, ces résultats donneraient à penser qu’il serait optimal de choisir des fonds communs de placement et des fonds négociés en Bourse couverts en dollars canadiens. Toutefois, le monde des placements est rarement tout noir ou tout blanc. Des études montrent que dans le cas d’un investisseur canadien, un portefeuille sans couverture de change présente la volatilité la moins élevée. Ceci s’applique aussi à l’investisseur australien. Les monnaies de ces pays sont étroitement liées aux prix du pétrole et des autres ressources naturelles, qui dictent leur valeur. Il en résulte que ces monnaies cycliques sont aussi corrélées positivement avec les marchés boursiers mondiaux, dont ils calquent les hausses et les baisses cycliques. À l’inverse, une exposition aux monnaies étrangères – dont bon nombre ont tendance à être corrélées négativement avec les marchés boursiers mondiaux – permet aux Canadiens de réduire la volatilité de leurs portefeuilles grâce à une plus grande diversification.

Écarts-types sur une période mobile de 3 ans
S&P 500 en monnaie locale (bleu) et S&P 500 en $ CA (rouge)
De juillet 1989 à juin 2014

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Source : MercerInsight MPA

Le graphique ci-dessus illustre cette assertion. Un instrument de placement couvert contre le risque de change devrait en principe procurer le rendement en monnaie locale d’un marché étranger. Aux fins du graphique, nous utilisons la volatilité sur une période mobile de 3 ans de l’indice S&P 500 en monnaie locale afin de représenter une stratégie d’actions américaines avec couverture de change (en bleu). Nous comparons cette volatilité à celle de l’indice S&P 500 en dollars canadiens, qui tient compte à la fois du rendement des actions américaines et des fluctuations du taux de change (en rouge). Au cours de la période de 25 ans terminée en juin 2014, la couverture du risque de change s’est traduite par une volatilité accrue la plupart du temps. De fait, depuis la crise financière – une période où les investisseurs canadiens avaient certainement besoin de diversification – le maintien d’une exposition en dollars américains aurait réduit la volatilité de 6 % par année en moyenne.

De plus, bien que le risque de change puisse avoir une incidence sur les rendements d’un investisseur canadien à court terme, la différence entre des stratégies avec ou sans couverture de change est habituellement assez faible sur plusieurs années. L’emploi d’une couverture de change pour vos placements en actions américains au cours des 20 dernières années aurait en effet bonifié votre rendement de 0,35 % par année en moyenne. Ce rendement supplémentaire n’est pas négligeable, mais il est important de noter qu’il suppose une couverture parfaite. Dans les faits, la couverture de change n’est jamais parfaite ni gratuite. De fait, l’écart de suivi (l’écart par rapport à l’indice de référence) élevé qui est associé aux instruments couverts contre le risque de change réduit ou élimine souvent leurs avantages.

Chez CPTE, nous pensons que la couverture de change est une stratégie inutile et coûteuse, surtout dans le cas des Canadiens qui investissent à long terme. Plus précisément, la couverture de change tend à augmenter le risque et procure rarement des rendements nets supplémentaires. Bien que nous reconnaissions que les taux de change peuvent fortement fluctuer sur de courtes périodes, ces raisons nous amènent à éviter le plus possible d’utiliser des instruments couverts contre le risque de change. Nous voyons d’un très bon œil la récente prolifération des options de placement sans couverture de change offertes aux investisseurs canadiens, en particulier dans la catégorie des actions internationales. Tout indique qu’un nombre croissant d’investisseurs canadiens estiment que l’exposition à différents facteurs de risque peut réduire la volatilité à long terme.

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