Commentaire d’investissement – Janvier 2014

Perspectives des marchés émergents pour 2014

Contribué par Steven Belchetz, président et directeur principal des placements

Le moment est tout indiqué pour discuter de ce que nous entrevoyons pour les marchés émergents en 2014. L’année 2013 a été tout à fait spectaculaire pour les marchés boursiers mondiaux… pour les marchés développés du moins. Les actions canadiennes sont en hausse de 13 % pour l’année, ce qui est très bien, mais elles ont tout de même été à la traîne des actions américaines, dont la valeur a grimpé de 41,5 %, tel qu’en témoigne le rendement de l’indice S&P 500 ($ CA), et des actions à l’extérieur de l’Amérique du Nord, qui ont réalisé un gain de 31,25 % selon l’indice MSCI EAEO ($ CA). Les marchés émergents n’ont toutefois progressé que de 4,5 % en 2013, ce qui est considérablement inférieur à l’avancée des marchés développés. En fait, parmi les marchés émergents, seul le marché israélien a réussi à procurer un rendement de plus de 10 % en 2013. Évidemment, le recul de plus de 6 % des pays du BRIC en 2013 (-10 % en Chine, -7 % au Brésil, -5 % en Inde et -3 % en Russie) a été particulièrement nuisible.

En conséquence, les marchés émergents traversent actuellement leur plus longue période de contre-performance face aux marchés développés depuis longtemps. Quelques facteurs clés expliquent la faiblesse des rendements des marchés émergents au cours des dernières années. Premièrement, l’indice MSCI Emerging Markets est très fortement concentré dans les pays du BRIC, marchés qui avaient auparavant le vent en poupe. En effet, puisque la Chine représente maintenant près de 20 % de la capitalisation de l’indice, suivie de 11 % pour le Brésil et de 6 % pour la Russie et l’Inde, les pays du BRIC comptent pour 43 % de la valeur de l’indice. Deuxièmement, la croissance économique des marchés émergents a fléchi à 4,5 % en 2013, ce qui a eu pour effet de rétrécir considérablement l’écart entre la croissance des économies émergentes et des économies développées. Troisièmement, la détente monétaire sans précédent au sein des pays développés a fait bondir les actions dans ces marchés. Quatrièmement, la prospérité de nombreux pays émergents dépend des secteurs des ressources, et ces derniers ont souffert des craintes entourant la baisse de régime en Chine.

Les investisseurs sont donc plutôt pessimistes à l’égard des marchés émergents, mais ils passent peut-être à côté de l’essentiel. Reportons-nous au mois de janvier 2012, lorsque tout portait à croire que l’Europe était sur le point de s’effondrer. Nouriel Roubini, le célèbre économiste qui a prédit la déconfiture du marché américain de l’habitation ainsi que la récession qui a suivi, ce qui lui a d’ailleurs valu le surnom de « Dr catastrophe » (Dr. Doom), affirmait même avec certitude que la zone euro éclaterait en 2012. Ainsi, la dernière chose que la plupart des investisseurs voulaient faire à l’époque était de s’aventurer en Grèce ou en Irlande.

Que s’est-il produit en Europe depuis? L’indice MSCI Europe affiche des rendements respectifs de 17,3 % et 34,7 % pour 2012 et 2013. C’est donc dire que si vous aviez misé sur les PIIGS (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), les pays les plus malmenés de l’Europe, vous auriez réalisé des gains très intéressants au cours des deux dernières années. L’Irlande est sortie de son plan de sauvetage et son marché a explosé de près de 40 % en 2013. Quant à la Grèce, un cas supposément désespéré, elle a vu son marché boursier grimper de 46 %, tandis que le marché espagnol a augmenté de 28 % l’année dernière.

Quel est le lien avec les marchés émergents? Tout comme c’était le cas pour l’Europe il y a quelques années, il est aujourd’hui difficile de convaincre les gens de la pertinence d’un placement dans les marchés boursiers émergents. Seul l’avenir nous dira si le pessimisme à l’égard des perspectives de ces marchés constitue en réalité une occasion de placement très lucrative, comme l’Europe il y a deux ans.

Il y a également lieu de déterminer si les marchés émergents sont sous-évalués et s’ils sont mûrs pour un solide rebond d’ici deux ans. Or, le ratio cours-bénéfice des marchés émergents est actuellement de 11 fois les bénéfices, un plancher record, tandis que le marché mondial (indice MSCI World) affiche un ratio cours-bénéfice de près de 20 fois les bénéfices, ce qui est légèrement supérieur aux moyennes à long terme. Le graphique suivant illustre clairement que le rapport entre le ratio cours-bénéfice de l’indice MSCI Emerging Markets et celui de l’indice MSCI World est à son plus bas depuis 10 ans, ce qui confirme que les marchés boursiers émergents sont actuellement très abordables.

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Chez Conseillers en placements T.E., nous continuons de prôner la diversification mondiale et donc de placer une partie du portefeuille de nos clients dans des actions des marchés émergents. Bien que cette stratégie n’ait pas contribué aux rendements ces dernières années, nous sommes convaincus que nos positions en actions émergentes deviendront très profitables lorsque les marchés émergents rebondiront, car les dernières reprises sur ces marchés ont été très vigoureuses.

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