Commentaire d’investissement – Avril 2014

L’énigme des matières premières

Les matières premières font fréquemment l’objet de débats chez les spécialistes en placements ainsi que dans les médias en raison des fluctuations importantes de ce secteur du marché. De plus, compte tenu de la composition du marché canadien, cette question attire encore plus l’attention au nord du 49e parallèle. Beaucoup d’observateurs ont récemment prédit la fin du marché haussier ou du super cycle des matières premières, et c’est pourquoi nous avons pensé que le moment était peut-être venu d’examiner le concept d’allocation directe aux matières premières dans les portefeuilles de clients.

Personne n’a oublié la période faste des matières premières, amorcée dans les années 2000 et où le cours d’un panier composé de différentes matières premières s’était apprécié de 150 % en cinq ans (entre 2002 et 2007). Le premier indice investissable de contrats à terme sur marchandises a été l’indice Goldman Sachs Commodity Index, créé en 1991 et suivi peu de temps après par ce qui est devenu aujourd’hui l’indice Dow Jones-UBS Commodities. Parmi les autres indices liés aux matières premières, mentionnons l’indice Reuters-CRB (l’ancien indice CRB, restructuré en 2005) et l’indice Rogers International Commodity Index.

L’indice Dow Jones-UBS se compose de contrats à terme sur les marchandises et il est conçu de façon à minimiser la concentration dans une ressource ou un secteur. Les pondérations sont calculées conformément à des règles qui font en sorte que le pourcentage relatif de chacune des ressources correspond à son importance économique à l’échelle mondiale et à la liquidité du marché. Grâce au rééquilibrage et à la repondération annuels, la diversité se maintient au fil du temps.

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Source : A Wealth of Common Sense (Blog) www.awealthofcommonsense.com

Les rendements ci-dessus sont exprimés en dollars américains, ce qui représente le moyen le plus approprié pour évaluer la contribution éventuelle des matières premières aux rendements globaux des portefeuilles, sans introduire l’effet secondaire des devises. Nous sommes tout à fait conscients que l’investisseur canadien est soumis aux aléas du marché des changes, mais ce facteur dépasse le cadre de notre article. Tel que vous pouvez le constater, les matières premières ont produit le rendement le plus faible comparativement à l’indice S&P 500, aux actions à moyenne et à faible capitalisation, aux marchés internationaux et émergents, et même par rapport aux obligations. Fait intéressant à souligner, le rendement sur 25 ans (en date du 31 décembre 2013) de l’indice composé S&P/TSX était de 8,35 %, tandis que le sous-secteur des matériaux affichait un rendement de 4,81 %, ce qui porte à croire que les actions canadiennes liées aux matières premières ont également sous-performé.

Qui plus est, les prix des matières premières sont en général au moins aussi volatils que les actions, et nous savons qu’il y a toujours une possibilité de fluctuation importante… autant à la hausse qu’à la baisse. Malgré les avantages perçus d’avoir une allocation directe aux matières premières, des études récentes démontrent qu’en en ajoutant à un portefeuille, on contribue en fait à en augmenter la volatilité. On présume que ce phénomène s’explique par le fait que la corrélation entre les prix des matières premières et les actions en général a grimpé depuis le début de la crise financière mondiale. Il convient de souligner que les matières premières représentent la seule catégorie d’actifs qui se trouve encore à des niveaux inférieurs aux sommets d’avant-crise. De toute évidence, d’autres catégories d’actifs sont plus risquées que les matières premières, mais elles ont dégagé des rendements nettement supérieurs dans chaque cas.

Nous aimerions également vous rappeler la critique la plus souvent formulée à l’égard des matières premières, soit que cette catégorie d’actifs ne génère pas de profits, ne procure pas de revenus de dividendes ou d’intérêts, et ne crée pas de valeur à long terme, comme dans le cas d’une entreprise.

De façon générale, un portefeuille d’obligations et d’actions bien diversifié ne tire pas avantage, du point de vue du rendement global ou du risque, d’une allocation directe aux matières premières. Qui plus est, le portefeuille des investisseurs canadiens est généralement bien exposé au secteur des matières premières en raison de leur tendance à surpondérer les actions canadiennes et du poids des matériaux dans le marché boursier canadien. Rappelons que le Canada ne représente que 3 % des occasions de placement dans le monde. Il y aura des périodes de rendement supérieur, mais elles seront difficiles à prédire. Nous demeurons donc convaincus qu’il est inutile d’avoir une pondération particulière en matières premières au sein d’un portefeuille bien diversifié, sans compter que nous sommes d’avis que les rendements à long terme ne seront vraisemblablement pas meilleurs avec une telle approche. Si vous souhaitez discuter de l’exposition actuelle de votre portefeuille aux matières premières, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller en placements.

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