Commentaire d’investissement – Août 2013

L’investissement émotif peut coûter cher

Lorsqu’il s’agit de répartition d’actifs, c’est généralement quand les marchés sont volatils que l’on aborde le thème de l’investissement émotif, ou, plus précisément, les raisons pourquoi on ne devrait pas permettre à nos émotions d’avoir un impact sur nos décisions d’investissement. Cependant, en dépit du calme relatif qui règne sur les marchés depuis 2012, les émotions peuvent encore influer sur le comportement des investisseurs.

Afin d’illustrer ce qui précède, jetons un coup d’œil sur la performance récente des fonds d’actions américaines, qui dépasse de loin celle des autres fonds. Au cours des douze mois se terminant le 30 juin dernier, le rendement médian des fonds communs de placement d’actions américaines selon la base de données de GlobeAdvisor était de 25,44 % (en CAD). Ce rendement est presque deux fois celui des fonds d’actions canadiennes, qui était de 12,88 %, et ne se compare pas à la perte moyenne de 0,93 % des fonds de revenu fixe canadiens. Jusqu’ici en 2013, il semblerait que plus votre portefeuille était diversifié, moins il a rapporté, en raison entre autres des rendements plus faibles des fonds de marchés émergents, des obligations à rendement élevé et de certains FNB (fonds négociés en Bourse) aurifères.

Compte tenu de ces grands écarts de rendement, certains investisseurs se demandent peut-être si leur répartition d’actifs à long terme est la bonne. Pour ceux-ci, il peut être instructif d’examiner le biais de récence, une réaction comportementale où seuls les derniers chiffres de performance sont pris en considération lors de la prévision de résultats futurs. Des traces de ce biais peuvent être détectées dans les comparaisons des rendements pondérés en fonction du coût versus ceux pondérés en fonction du temps. Dans les fiches d’information sur les fonds, c’est normalement les rendements pondérés en fonction du temps qui sont présentés. Toutefois, les chiffres pondérés en fonction du coût tiennent également compte des flux de trésorerie, mettant davantage l’accent sur les rendements lors des périodes qui suivent des afflux importants de capitaux.

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En juin 2012, notre commentaire rappelait que les émotions peuvent nuire à la réussite des investissements à long terme. Les investisseurs ont l’insolite capacité d’acheter lorsque les marchés sont en hausse et de vendre lorsqu’ils sont en baisse – et c’est ce qui arrive lorsqu’ils misent sur les rendements de la dernière classe d’actifs à la mode. Le graphique ci-dessus tente d’illustrer les coûts potentiels d’une telle approche émotive, montrant la chute de performance qui résulte d’une tentative d’anticiper le marché. Dans un rapport récent, Dalbar, un cabinet de recherche dans le domaine des placements, a utilisé une méthode pondérée en fonction du coût pour comparer les rendements annualisés de l’investisseur américain moyen aux indices de référence. Ils ont constaté dans tous les cas que le rendement réel obtenu par l’investisseur moyen était inférieur aux indices de référence. Alors qu’une partie de cet écart de performance est due aux frais, environ 45 % à 55 % de l’écart est dû à des facteurs psychologiques, selon les chercheurs. Et comme l’investisseur moyen conserve ses fonds seulement pendant trois ans et demi ou moins avant de les revendre, la négociation excessive et une anticipation erronée du marché grugent toute la valeur qu’une gestion active aurait pu ajouter. Ceci dit, il est important de noter qu’il s’agit de résultats pour l’investisseur américain moyen. L’étude conclut que les investisseurs qui ont utilisé une stratégie de placement à long terme (« buy and hold ») ont en fait eu de bien meilleurs résultats au fil du temps.

Bien que les gains potentiels de la méthode d’anticipation des marchés puissent paraître séduisants, les résultats à long terme sont souvent décevants. En fin de compte, on ne peut prédire l’avenir, et les fluctuations à court terme des indices sont assez aléatoires. Si les investisseurs ne peuvent pas contrôler les marchés, ils ont au moins le contrôle de leur plan d’investissement. Chez T.E. Mirador, nous travaillons avec diligence pour bâtir un portefeuille qui prend en considération vos objectifs de risque et de rendement, ainsi que vos contraintes particulières. Bien que nous croyions que les stratégies à long terme sont optimales, cela ne devrait pas être confondu avec une approche passive. Lorsque les marchés bougent, ils offrent des possibilités de rééquilibrage du portefeuille pour profiter des classes d’actifs sous-évaluées. Tandis que l’investisseur émotif typique va souvent mal choisir le moment de ses transactions ou des révisions importantes de son portefeuille, le rééquilibrage permet d’acheter lorsque les marchés sont en baisse et de vendre lorsqu’ils sont en hausse, indépendamment de la performance récente ou des soubresauts des marchés.

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