Comment atténuer le choc culturel

Le café Starbucks voisin de la place Rouge, à Moscou, déborde de Nord-Américains qui se comportent exactement comme ils le feraient dans un établissement de la chaîne, disons, à Philadelphie ou à Vancouver : ils sirotent leur boisson au café, fixent l’écran de leur portable ou sont en séance FaceTime avec des parents ou des amis… du continent américain.

Ces expatriés en sont au deuxième stade de ce qu’on appelle le choc culturel. Dès que s’estompent le plaisir et l’effet de nouveauté ressentis à la découverte de la culture d’accueil, l’expatrié entre dans une phase où tout écart entre sa culture et celle de son nouveau milieu le contrarie. Tout, alors, contribue à renforcer les stéréotypes et les préjugés à l’égard de la population locale. Les problèmes de communication sont fréquents, et la personne souffre de ne pas pouvoir s’entourer de ses proches. Elle a le mal du pays. Remède instantané à son supplice : passer du temps dans un environnement familier et interagir avec des compatriotes. D’où le café Starbucks.

La vida loca : les bons côtés de la vie à l’étranger

Un long séjour à l’étranger – comme étudiant, travailleur expatrié ou conjoint de l’un ou l’autre, par exemple – peut être enrichissant et transformateur. Il en va de même pour l’immigration. Ces deux expériences ouvrent de nouvelles perspectives et sont riches en occasions d’apprentissage. En fait, nous irions jusqu’à dire qu’on en sort un être humain plus complet!

Si vous êtes un Canadien à l’aube d’une première affectation ou d’une première période d’études à l’étranger, vous vous apprêtez à vivre une expérience unique, à découvrir une culture, des traditions et des méthodes de travail différentes des vôtres. Vos enfants, si vous en avez, se familiariseront vite avec une langue et une culture nouvelles; leurs horizons s’ouvriront. Vous acquerrez des compétences interculturelles et deviendrez plus doué pour composer avec les différences culturelles – des atouts précieux. C’est sans compter les avantages financiers potentiels : une meilleure rémunération, des privilèges et des programmes avantageux pour toute la famille, voire un avancement accéléré à votre retour au bercail.

Si vous êtes un immigrant qui s’établit au Canada, deux choses pourraient faire partie de votre choc culturel : les Canadiens parlent beaucoup de hockey, et l’hiver ici peut être froid. Très froid. Vous verrez toutefois qu’on s’y fait. En contrepartie, vous vivrez dans un pays où règnent la paix et l’ordre, où le gouvernement n’est pas trop mauvais et où la vie, dans l’ensemble, est plutôt agréable. Dans votre nouveau pays, de bons emplois vous sont offerts et l’avenir réserve des possibilités à peu près illimitées.

Les choc culturel : le revers de la médaille

Venons-en à cet aspect moins réjouissant de l’expatriation : le fameux choc culturel. On peut le définir comme l’état de désorientation et de désarroi d’une personne confrontée à un mode de vie qui ne lui est pas familier, et il est généralement décrit comme un processus en quatre temps.

  1. L’expatrié passe d’abord par le stade de la lune de miel, où tout l’enchante. Il s’émerveille des découvertes qu’il fait dans son nouvel environnement, et l’inconnu l’intrigue et le séduit. Ses expériences restent toutefois superficielles, un peu comme celles d’un touriste.
  2. À ce stade succède une période d’anxiété et de frustration. La nouveauté perdant de son attrait, l’enthousiasme initial fait place à la confusion, à un sentiment d’isolement et à la désagréable impression de ne pas être à sa place. Pendant cette phase, l’expatrié voit tout ce qui différencie sa culture de celle de son pays d’accueil, sans compter que la présence et le soutien de ses proches lui manquent.
  3. Au stade suivant, celui de l’adaptation, l’expatrié se sent de plus en plus à l’aise et parvient à mieux déchiffrer les codes culturels. Il cesse de s’attarder aux petites choses qu’il ne peut changer, retrouve son sens de l’humour, et ses expériences s’approfondissent dans diverses sphères de sa vie.
  4. Vient enfin le stade de l’acceptation et du sentiment d’appartenance, où l’expatrié, qui a maintenant acquis une perspective plus objective et équilibrée de la culture étrangère, est capable d’en admirer certains aspects et d’en critiquer d’autres.

Qu’arrive-t-il toutefois quand votre employeur vous rapatrie après une affectation de quelques années à l’étranger? Ou si vous décidez que la vie d’expatrié n’est finalement pas pour vous? Il faut savoir que le choc culturel se vit dans les deux sens – à l’arrivée dans un nouveau pays et au retour dans le pays d’origine. Il peut même être plus puissant dans le deuxième cas que dans le premier. Si vous décidez de rentrer au bercail, vous constaterez que la société que vous avez quittée a changé – peut-être beaucoup. Croyez-le ou non, vous pourriez alors revivre les quatre stades du choc culturel!

Ne négligez pas les aspects financiers

Ce numéro de Stratégies est riche en renseignements utiles sur les aspects financiers d’un mode de vie à caractère cosmopolite. Il intéressera tant le Canadien travaillant à l’étranger que l’immigrant épargnant pour la retraite, l’Américain vivant au Canada et s’interrogeant sur des questions fiscales ou les retraités soucieux de respecter les règles pour passer l’hiver dans le Sud en toute quiétude. En mettant de l’ordre dans vos finances, vous abrégerez votre période d’adaptation culturelle et arriverez plus facilement à profiter de votre nouvelle vie.


Comment adoucir le choc culturel

Matthew MacLachlan, de Communicaid, cabinet-conseil spécialisé en communications interculturelles, propose sept stratégies pour atténuer les effets du choc culturel :

1. Évitez de comparer continuellement les deux cultures. Le faire nuira à votre adaptation.
2. Liez-vous d’amitié avec des gens qui ont une attitude positive. Évitez celles qui critiquent votre pays d’accueil.
3. Adoptez un loisir ou un passe-temps auquel on ne s’adonne pas dans votre pays d’origine.
4. Restez en contact avec vos parents et amis.
5. Faites connaître votre culture à vos nouveaux amis et voisins.
6. Exprimez vos sentiments. Confiez-vous à vos amis, à vos collègues et à vos proches.
7. Voyagez et découvrez des endroits qui vous feront apprécier votre terre d’accueil. Vous vivez une expérience tout à fait unique, alors savourez-la!


Willem Lebegge, collaborateur à la rédaction
Conseillers T.E., Montréal


Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de mars 2018. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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