Combien me faut-il pour prendre ma retraite?

Combien faut-il épargner pour prendre sa retraite? Voilà la question que semblent se poser la plupart des gens qui approchent de la retraite. Or, la réponse varie d’une personne à l’autre, parce que tout dépend de la retraite à laquelle chacun aspire.

Évidemment, votre retraite dépendra du style de vie que vous voulez, et de ce qu’il vous en coûtera pour vous l’offrir. Certains rêvent d’une retraite dorée, et veulent voyager, manger plus souvent au restaurant qu’à la maison, aider leur famille financièrement et même parfois s’acheter cette voiture sport qu’ils ont toujours voulue.

D’autres se contenteront de vivre plus modestement, la liberté dont ils jouissent à la retraite étant bien suffisante à leurs yeux. Vous seriez en effet étonné de voir comment vous pouvez vivre simplement1.

D’ailleurs, bien des retraités sont surpris du peu d’argent dont ils ont besoin pour conserver leur style de vie à la retraite.

Nombreux sont ceux qui sous-estiment les dépenses qu’engendre le travail. Il suffit de penser à l’argent que nous consacrons à nos tenues professionnelles, aux frais de transport, aux retenues à la source (RRQ ou RPC et assurance-emploi) et aux dîners pour emporter. Lorsque vous êtes à la retraite, vous n’avez plus ces dépenses.

Pour avoir une meilleure idée de la somme dont vous avez besoin pour prendre votre retraite, vous devez d’abord songer au style de vie que vous voulez mener à la retraite, plus précisément, à combien s’élèvent vos dépenses mensuelles courantes. Il suffit de noter toutes les dépenses auxquelles vous vous attendez, par mois et par année.

La prochaine étape consiste à déterminer votre revenu de retraite, provenant de toutes les sources. Voici quelques-unes de ces sources :

1) Le Régime de rentes du Québec / Régime de pensions du Canada

Si vous avez au moins 60 ans, vous devez d’abord tenir compte du Régime de rentes du Québec (RRQ) ou du Régime de pensions du Canada (RPC). Le droit aux prestations de retraite varie d’une personne à l’autre, notamment en fonction de la somme que chacun a cotisé au régime tout au long de sa carrière. Il suffit de communiquer avec Retraite Québec (ou Service Canada) pour plus d’information à ce sujet. Les gens qui ont cotisé au régime toute leur carrière ont droit à une prestation mensuelle maximale de 1 114,17 $ (s’ils commencent à la toucher à 65 ans). Vous pouvez toutefois reporter vos prestations du RRQ ou du RPC.

2) La Sécurité de la vieillesse (SV)

Si vous avez au moins 65 ans, il faut également tenir compte du revenu provenant de la pension de la Sécurité de la vieillesse (SV). La SV est un peu différente du RRQ/RPC, car le montant de la pension de la SV est établi en fonction du nombre d’années où vous avez habité au Canada. Les gens qui ont habité au Canada toute leur vie ont droit à une prestation mensuelle maximale de 585,49 $ au titre de la SV.

Autre fait important à noter au sujet de la SV : pour 2017, vous devez rembourser une partie ou la totalité des prestations de la SV si votre revenu excède 74 788 $. Plus précisément, vous devez rembourser 15 % de la partie de votre revenu qui dépasse le plafond établi. Si votre revenu atteint le seuil maximal de récupération de revenu (121 314 $ en 2017), vous devez rembourser la totalité des prestations de la SV que vous avez reçues. Vous pouvez toutefois reporter vos prestations de la SV.

3) Les régimes de retraite d’employeur

Le montant des prestations auxquelles vous avez droit au titre d’un régime de retraite d’employeur varie selon qu’il s’agit d’un régime à prestations déterminées (qui verse des prestations dont le montant, indiqué sur vos relevés, est fixé à l’avance) ou à cotisations déterminées (dont vous ne pouvez pas connaître le montant des prestations, car il dépend en grande partie du rendement des placements du régime).

4) Votre actif

Voilà où se complique un peu la planification de la retraite. Les gens se demandent souvent quel revenu ils peuvent tirer de leur épargne-retraite sans l’épuiser de leur vivant. La réponse dépend de la façon dont vous voulez gérer votre actif. Si vous ne voulez pas toucher au capital, vous pouvez probablement vous attendre à un revenu de 4 % par année. En d’autres mots, si vous avez épargné 500 000 $, vous pourrez retirer 20 000 $ par année (4 % x 500 000 $), sans jamais toucher à votre capital initial de 500 000 $. Si vous retirez plus de 4 % par année, disons 8 % (soit 40 000 $), vous grugerez alors lentement votre capital initial.

La rapidité avec laquelle vous épuiserez votre capital de départ dépend évidemment de plusieurs facteurs, dont la somme que vous retirez chaque année, les conditions du marché, combien de temps vous vivrez, etc. Bref, l’actif que vous avez accumulé au fil des années peut constituer une source de revenu stable, mais vous devez bien comprendre la différence entre un taux de retrait « sûr » et un taux de retrait « insoutenable ».

Lorsque vous avez établi le revenu que vous pourrez tirer des sources mentionnées ci-dessus, le dernier élément à prendre en considération est l’impôt sur le revenu.

Puisque les sommes qui proviennent du RRQ/RPC, de la SV, du régime de retraite de votre employeur et de votre REER sont toutes imposables, il faut vous attendre à ce que Revenu Québec et l’ARC prennent leur part. Les taux d’imposition moyens et les taux d’imposition marginaux en vigueur au Canada se trouvent sur le site Web de l’ARC.

Le revenu que vous procurent vos placements non enregistrés sera également imposable, mais à un taux légèrement inférieur aux taux d’imposition moyens applicables aux sources mentionnées précédemment. Votre revenu de placement sera probablement constitué d’intérêts, de dividendes et de gains en capital, qui sont tous imposables, mais à des taux différents (et parfois même plus avantageux).

Lorsque vous aurez une idée de votre revenu de retraite, de l’impôt sur le revenu que vous paierez et des dépenses que vous aurez à la retraite, vous devriez alors savoir si vous avez les moyens de vous payer la retraite dont vous rêvez. Cette approche est méthodique et peut varier considérablement d’un épargnant à l’autre. Or, l’assistance d’un planificateur financier peut s’avérer très précieuse à cet égard, car il étudie la situation personnelle et financière de chacun de ses clients. Un planificateur financier peut en effet vous aider à examiner en détail ces différents aspects et à mettre au point une stratégie qui cadre parfaitement avec vos besoins particuliers.


1 J’ai regardé récemment le documentaire « Vivre avec un dollar » (Living on One Dollar) mettant en vedette quatre amis qui se sont rendus au Guatemala et qui tentent de vivre avec un dollar par jour pendant deux mois.

 

Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de décembre 2017. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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