Combien de temps le marché haussier durera-t-il encore?

Hiver 2015

La réponse à cette question varie selon votre interlocuteur. De « Pas longtemps, un effondrement est imminent. » à « Dix ans encore, peut-être plus. » Ces opinions représentent des extrêmes opposés, mais en ce début d’année 2015, la majorité des analystes s’entendent pour dire que le marché haussier actuel (le quatrième plus long aux États-Unis depuis la Deuxième Guerre mondiale) pourrait se poursuivre. Cette évaluation s’accompagne toutefois habituellement d’un avertissement : elle ne vaut qu’en l’absence de chocs économiques ou boursiers imprévus. Si les investisseurs axés sur le long terme peuvent se sentir rassurés par la protection que leur offre la diversification de leur portefeuille, il arrive que des événements extrêmes sonnent le glas d’un marché haussier. Dans cette optique, 2015 apporte son lot de perturbations potentielles. L’opinion selon laquelle le marché haussier actuel pourrait se poursuivre est-elle valable?

Long, mais pas tellement

À elle seule, la durée ne suffit pas à indiquer qu’un marché haussier tire à sa fin. Le marché haussier actuel est certes long, si on le compare à la moyenne historique de trois à quatre ans, mais, de toute évidence, il y en a eu de plus longs dans le passé, notamment le marché haussier d’une durée de 12 ans qui s’est échelonné de 1988 à 2000. Plus que la durée, ce sont les signes d’excès – assouplissement des critères d’octroi de prêts, augmentation de l’inflation, hausse des prix des actifs sans commune mesure avec les paramètres fondamentaux – qui indiquent généralement que la hausse du marché s’étire. Heureusement, nous observons actuellement peu de signes de tels excès.

Des baisses sont inévitables

Cela dit, plus les indices boursiers grimpent, plus on peut s’attendre à ce que les observateurs du marché deviennent nerveux. La volatilité du marché – qui prend la forme de baisses et de corrections – se manifeste toujours lorsque les investisseurs sont confrontés à l’incertitude (on parle de correction lorsqu’un indice enregistre 
une baisse d’au moins 10%). Depuis son creux atteint en mars 2009, et jusqu’en octobre 2014, l’indice S&P 500 a subi 19 baisses et deux corrections. Au cours de cette période, il est tout de même parvenu à enregistrer un gain de 182% 
(de 217% si l’on inclut les dividendes) . Le marché fait régulièrement preuve de résilience. Les événements considérés par beaucoup d’observateurs comme des chocs – la crise dans la zone euro, l’impasse budgétaire aux États-Unis, le conflit entre la Russie et l’Ukraine, l’avènement de l’État islamiste et, plus récemment, la baisse des prix du pétrole – n’ont été que des perturbations temporaires dans la progression des marchés.

Les valorisations sont élevées, mais pas excessives

L’actuel marché haussier a fait suite au creux du marché baissier atteint le 9 mars 2009. Le niveau de l’indice S&P 500 était alors de 676 points, ce qui représentait une baisse de 57% de sa valeur en quelques mois à peine. Avec le recul, on peut affirmer que les actions étaient alors extrêmement sous-évaluées. Les valorisations boursières sont depuis revenues à la normale, comme le montre le graphique ci-après, mais elles ne sont pas excessives par rapport aux normes historiques. En outre, si les sociétés sont toujours en mesure d’enregistrer une croissance de leurs bénéfices, ce qui est probable étant donné que la reprise de l’économie américaine bat actuellement son plein, il est possible que des valorisations plus élevées encore soient justifiées.

Les mesures de relance et les rachats d’actions ont contribué à l’amélioration des paramètres fondamentaux

Au cours des deux dernières années, environ 75% de la progression des marchés a été attribuable à la hausse des valorisations, et 25% à la croissance des bénéfices des sociétés. À mesure que la conjoncture s’est améliorée, après la crise financière de 2008-2009, de nombreuses sociétés ont décidé d’investir les liquidités qu’elles avaient accumulées. Cependant, vu la faiblesse de la croissance, elles ont consacré ces liquidités au rachat d’actions au lieu d’investir dans de nouvelles technologies ou dans l’accroissement de leurs effectifs. Cette stratégie a pour effet de réduire le nombre d’actions que les investisseurs peuvent acheter, de sorte que le bénéfice est divisé par un nombre moins élevé d’actions. Cela fait augmenter le bénéfice par action, ce qui entraîne habituellement la hausse des cours boursiers. Toutefois, il n’est pas possible de recourir indéfiniment à cette stratégie. Il vient un moment où la croissance future des bénéfices doit provenir de sources traditionnelles, comme la croissance organique du chiffre d’affaires. Étant donné la normalisation en cours des valorisations et l’avantage ponctuel des rachats d’actions déjà effectués, le marché pourrait donc poursuivre sa progression, mais les rendements seront vraisemblablement plus proches des moyennes historiques à long terme (un peu moins de 10%) que des gains exceptionnels enregistrés ces dernières années.

Le Canada reste un cas à part

Au cours des dernières semaines de 2014, la baisse rapide et inattendue des prix du pétrole a fait ressortir la forte concentration du marché boursier canadien. Trois secteurs représentent environ 70 % de la capitalisation boursière de l’indice S&P/TSX, soit les services financiers (35 %), l’énergie (21 %) et les matériaux (12 %). Par conséquent, la performance du marché canadien est fortement tributaire des prix du pétrole et d’autres matières premières. Cette situation conforte l’opinion de Conseillers en placements T.E., selon laquelle les investisseurs canadiens doivent diversifier leurs placements sur les marchés étrangers afin de protéger leur portefeuille contre les fluctuations du cycle des matières premières et tirer parti des occasions de croissance offertes par l’économie mondiale dans son ensemble.

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1LPL Financial, « Stock market pullback perspective », octobre 2014, http://www.valuewalk.com/2014/10/stock-market-pullback-2014/2/.
Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

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