Femme qui travaille

Cinq façons pour les femmes d’adapter leur plan de retraite à leur réalité

Imaginez une belle annonce sur la retraite, à la télévision ou dans un magazine. Vous voyez sans doute un couple d’âge mûr, souriant. Deux amoureux, assis sur un quai, les pieds jouant dans l’eau, ou bien se tenant la main, au petit-déjeuner. Deux chevelures poivre et sel, de belles rides d’expression.

Peu importe le visuel, la plupart des gens voient la retraite comme un sport d’équipe. D’ici la retraite, vous espérez vivre des années, voire des décennies, partageant tous les grands événements avec votre tendre moitié. Pourquoi en serait-il autrement, une fois à la retraite?

Or, si l’on en croit une étude récente comparant les deux sexes, il serait mal avisé d’ignorer les particularités des femmes au moment de planifier leur retraite.

Ce n’est un secret pour personne, l’espérance de vie des femmes est en moyenne 5 % plus longue que celle des hommes. Cet écart semble constant, peu importe la culture, le mode de vie ou même l’espèce du règne animal! Malheureusement, ces années supplémentaires ne sont pas toujours vécues dans la santé éblouissante des débuts de la retraite. Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de souffrir d’affections invalidantes comme l’arthrite, la démence ou les blessures liées aux chutes, qui nuisent à leur capacité à gagner un revenu ou à être actives durant leurs vieux jours.

Sachant cela, on pourrait s’attendre à ce que les femmes intègrent dans la planification de leur retraite une plus longue espérance de vie, des dépenses supplémentaires et un plus grand risque de problèmes médicaux pouvant nuire à leur mode de vie. Pourtant, des recherches menées par la faculté de médecine de l’Université Harvard peignent un tout autre tableau.

Comme l’ont montré plusieurs études, les conjoints ont tendance à prendre la retraite à peu près en même temps. Toutefois, comme les femmes ont plus de chances d’avoir un conjoint plus âgé que l’inverse, elles prennent généralement leur retraite à un âge moins avancé que leur conjoint. Si l’on ajoute à cela une carrière plus courte ou interrompue en raison de soins aux enfants ou aux aînés, on commence à comprendre pourquoi la planification traditionnelle, sans distinction entre les sexes, désavantage les femmes.  

Comment les femmes peuvent-elles orienter leur plan de retraite de manière à corriger ce déséquilibre?

  1. Élaborez un plan et testez sa résistance

Les plans de retraite traditionnels supposent souvent que les deux conjoints décéderont à peu près au même moment. Un plan de retraite devrait pourtant être soumis à un scénario dans lequel un des conjoints décède bien avant l’autre, surtout si l’écart d’âges est important.

Par exemple, si votre conjoint décédait aux alentours de 70 ans, votre plan serait-il suffisamment solide pour subvenir à vos besoins pendant encore 20 ou 30 ans, après son décès?

Quels facteurs pourraient changer? Les prestations provenant des régimes de retraite d’employeur pourraient diminuer ou cesser complètement au décès du conjoint. Les prestations gouvernementales (RPC/RRQ et SV) seront touchées elles aussi. Par exemple, la pension de survivant est souvent plus modeste que ce que l’on pourrait croire et la SV du défunt disparaît complètement.

L’impôt est un autre facteur à examiner. Comme la conjointe survivante devra déclarer tous les revenus du ménage dans une déclaration au lieu de deux, elle pourrait voir son taux d’imposition moyen augmenter, ce qui, si elle dépasse le seuil de récupération, pourrait nuire au versement de la SV.

  1. Informez-vous sur vos options de retraite

Pour ce qui est des régimes de retraite d’employeur, il y a souvent un choix à faire concernant le niveau de protection du revenu offert au conjoint survivant. Parfois, il est difficile de résister à la promesse d’une prestation mensuelle plus élevée, même si elle s’accompagne d’une importante réduction du revenu ou si elle cesse complètement au décès du premier conjoint. Une rente réversible à 100 % est une option à envisager sérieusement, car elle procure la sécurité du revenu au conjoint survivant, qui est statistiquement plus susceptible d’être une femme qu’un homme.

Les prestations gouvernementales s’accompagnent elles aussi d’un choix. Comme les femmes vivent généralement plus longtemps que les hommes, elles ont tout intérêt à repousser la date du premier versement de la SV et de la prestation du RPC/RRQ. Ces deux prestations offrent des sommes nettement bonifiées et indexées sur l’inflation à ceux et celles qui retardent le premier versement.

  1. Réfléchissez à vos stratégies de désaccumulation

N’oubliez pas : votre patrimoine n’est pas constitué d’un montant unique. Voyez plutôt votre portefeuille comme une série de réserves dans lesquelles vous puiserez pour subvenir à vos besoins à mesure que vous avancerez en âge. Votre patrimoine peut comprendre des éléments d’actif physiques comme des biens immobiliers, ainsi que des placements non enregistrés et des instruments à l’abri de l’impôt, comme des polices d’assurance vie permanente.

Lorsque vous bâtirez votre portefeuille de retraite, déterminez avec l’aide de votre conseiller le bon moment pour puiser dans chacune de ces réserves. Par exemple, on peut puiser dans les comptes d’épargne enregistrés tant qu’il est possible de fractionner le revenu entre les deux conjoints. Cela réduit la probabilité, pour le conjoint survivant, d’avoir à regrouper tous les revenus sur une seule déclaration, ce qui l’exposerait à un taux marginal d’imposition plus élevé.

  1. Prenez garde aux manques à gagner

Si votre plan révèle que votre épargne est insuffisante, réfléchissez à ce que vous pouvez faire pour remédier à la situation. Pouvez-vous réduire vos dépenses? Si votre conjoint est bien plus âgé, devrez-vous envisager de continuer à travailler, même s’il prend sa retraite plus tôt que vous? Si le risque associé au plan existe seulement si un des conjoints décède plus tôt que l’autre, vous pourriez réduire ce risque en souscrivant une police d’assurance vie permanente.

  1. Faites connaissance avec votre conseiller

Si votre conjoint est le principal interlocuteur de votre conseiller financier, prenez part aux discussions dès maintenant. Ne vous arrêtez pas aux chiffres et à son expertise. Vous sentez-vous écoutée? Cette personne est-elle attentive à vos avis et à vos préoccupations? Est-ce que vous vous entendez bien? Vous imaginez-vous traiter avec elle encore une dizaine d’années, en cas de décès de votre conjoint? La planification de la retraite sera beaucoup plus agréable si vous choisissez les bons professionnels dès maintenant, plutôt que d’avoir à chercher un nouveau conseiller à la dernière minute.

Heureusement, un nombre croissant de professionnels de la gestion de patrimoine savent qu’il faut tenir compte des réalités des femmes dans la planification de la retraite. Quel que soit le professionnel choisi, assurez-vous que cette personne comprenne bien les risques d’un plan qui n’est pas fait sur mesure. 

Anna Premyslova, conseillère en placement, CWB McLean & Partners Wealth Management Ltd.
Aaron Hector, vice-président et planificateur financier, Doherty & Bryant Financial Strategists

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