Après le choc

Au Canada, les répercussions du choc pétrolier se sont vite manifestées, mais contrairement à ce qui se passe aux États-Unis, leur incidence sur l’économie canadienne est négative. Les retombées positives de la baisse des prix du pétrole ne se feront sentir que graduellement et leur ampleur reste incertaine.

Les États-Unis tirent profit de la situation

Une longue période de bas prix du pétrole stimulera fortement l’économie américaine. Les pertes d’emplois dans les secteurs liés à l’énergie seront temporaires et plus que compensées par la solide croissance de l’emploi dans les secteurs consommateurs d’énergie. En 2016 et en 2017, les prix du pétrole devraient être largement inférieurs à leurs précédents sommets, étant donné que la production pétrolière, qui a subi une contraction, réagira promptement à la stabilisation, puis à la remontée des prix de l’or noir. Aux États-Unis, l’énergie bon marché contrebalancera l’incidence négative de la robustesse du billet vert sur les marges bénéficiaires. Une monnaie forte accroît le pouvoir d’achat des consommateurs, et elle réduit les coûts des biens importés, de la machinerie et des fournitures, ce qui redonne confiance aux consommateurs et favorise les investissements ainsi que la compétitivité des entreprises. En outre, un dollar fort permet de contenir l’inflation et contribue à la stabilité des taux d’intérêt, favorisant ainsi la reprise prévue du marché américain de l’habitation.

Les effets dans le monde restent néfastes

Ailleurs, la situation est bien différente. L’effondrement des prix du pétrole a une incidence marquée sur les prévisions. Tant que les prix de l’or noir resteront peu élevés, des pressions à la baisse s’exerceront de manière généralisée sur le prix des matières premières, des produits industriels et, au bout du compte, des biens de consommation. Le pessimisme ambiant touche les prix de tous les métaux de base, en particulier ceux du cuivre et de l’aluminium. La situation a été exacerbée par l’annonce du ralentissement de la croissance économique en Chine et de la stagnation persistante en zone euro. Au cours des trois dernières années, l’économie mondiale a affiché un taux de croissance inférieur à la moyenne et la situation ne devrait pas s’améliorer sensiblement en 2015. La croissance du PIB chinois, qui a atteint 7,4 % en 2014, aura du mal à atteindre 7 % cette année. Dans la zone euro, la production industrielle reste déprimée et seule l’Allemagne présente un potentiel d’amélioration à court terme.

La situation sera contrastée au Canada

Au Canada, la réaction à la baisse des prix du pétrole ne s’est pas fait attendre. Les sociétés liées à l’énergie ont rapidement réduit leurs budgets d’immobilisations ainsi que leurs embauches. Dans le secteur de l’énergie, les dépenses en immobilisations devraient diminuer d’au moins 30 % cette année. Le prix du pétrole a peut-être atteint son creux, mais il restera vraisemblablement sous le seuil de rentabilité pour bon nombre de projets de sables bitumineux. Dans toute la chaîne d’approvisionnement de l’énergie au Canada, on observe une baisse des coûts, de la production et du nombre d’emplois. Près du tiers des intrants du secteur énergétique albertain provient des autres provinces. L’Alberta pourrait être confrontée à une contraction de son économie en 2015, et son taux de chômage, qui est actuellement de 5,3 %, pourrait grimper à 7 %. Pour l’ensemble du Canada, la croissance du PIB réel devrait être anémique au premier trimestre de 2015 et pourrait reculer momentanément au deuxième trimestre.

Cependant, le Canada devrait aussi enregistrer des retombées positives. Selon l’enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada, les entreprises ontariennes du secteur manufacturier restent optimistes en ce qui a trait à leurs intentions d’investissement et à l’emploi. Elles devraient tirer profit de la baisse des prix de l’énergie, du niveau plus concurrentiel du huard et de l’accélération de l’économie américaine. Même en Alberta, les segments de l’agriculture, de la foresterie et du tourisme devraient être avantagés. La baisse des prix du carburant affecte aussi le prix d’un vaste éventail de produits en raison de la diminution des coûts de transport, ou de production si l’énergie est un facteur de production. Même si la dépréciation du dollar canadien se traduit par une hausse des prix des biens importés, le taux d’inflation annuel au Canada fléchit à 1 %.

Nous constatons que le dollar canadien est une devise à la dynamique unique, qui fluctue rapidement lorsque des événements importants se produisent, mais dont l’évolution semble autrement aléatoire, ce qui rend difficile sa modélisation à des fins de prévisions. Il se comporte actuellement comme un pétrodollar, dans la foulée du prix du pétrole, et devrait s’apprécier si le prix de l’or noir se stabilise ou recommence à grimper.

Cet article a été fourni par Conseillers en placements T.E. inc.

En bref

Croissance économique
Le PIB réel de janvier a reculé de 0,1 %, ce qui efface une partie du gain de 0,3 % réalisé en décembre.

Inflation
Le taux d’inflation annuel a baissé à 1 % en janvier et en février 2015. En excluant les prix de l’essence, toutefois, le taux d’inflation annuel s’établissait à
2,2 % à la fin de février.

Taux d’intérêt
Après sa baisse surprise de 0,25 % du taux du financement à un jour le 21 janvier, la Banque du Canada n’a pas bougé, laissant son taux cible à 0,75 %.

Dollar canadien
Le dollar canadien a continué de reculer face au dollar américain, perdant 8,5 % de sa valeur au premier trimestre de 2015.

Emploi
Malgré les gains d’emploi réalisés en janvier et en mars, plus de gens étaient à la recherche d’un emploi au premier trimestre, ce qui a fait grimper le taux de chômage à 6,8 %.

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