Après 35 ans, est-ce la fin du marché haussier?

Depuis 35 ans, soit depuis le plafonnement des taux d’intérêt aux alentours de 18 % dans les années 1980, le marché obligataire connaît une période haussière, caractérisée par des taux de rendement réels élevés sur les titres à revenu fixe et des gains en capital, attribuables à la baisse graduelle des taux d’intérêt. Aujourd’hui, toutefois, plusieurs indicateurs semblent annoncer la fin de ce marché haussier. Quoi qu’il en soit, il serait sage de diversifier votre portefeuille d’obligations afin d’accroître les rendements. Voyez cela comme une police d’assurance.

Dans les années 1980, l’inflation a atteint des taux à deux chiffres. Pour tenter de juguler cette hausse des prix, les banques centrales canadienne et américaine ont progressivement relevé les taux d’intérêt à court terme, et les obligations à long terme ont suivi. Une fois l’inflation maîtrisée, les taux d’intérêt ont baissé au fil des années. En 2008, lorsque la crise financière mondiale a éclaté, les banques centrales ont réduit les taux d’intérêt pour tenter de stimuler la croissance économique, et les taux obligataires ont continué de baisser à l’échelle mondiale, jusqu’à tout récemment.

Aujourd’hui, les signes de croissance économique se faisant plus nombreux, on peut s’attendre à une hausse des taux d’intérêt.

Lorsque les taux d’intérêt augmentent, ce n’est pas bon pour les obligations, surtout si la hausse est rapide. Comme les prix des obligations baissent à mesure que les taux d’intérêt augmentent, cette dépréciation peut être supérieure au revenu tiré des obligations. Les taux de rendement de départ étant proches des planchers inégalés depuis 35 ans, la hausse des taux d’intérêt n’a pas à être très forte pour neutraliser le revenu réalisé.

Bien entendu, les banques centrales ont laissé entrevoir une hausse imminente des taux d’intérêt. Après avoir baissé les taux à 0 %-0,25 % en 2008, la Réserve fédérale, la banque centrale des États-Unis, a commencé à les relever en décembre 2015, promettant une hausse graduelle. Le taux cible des fonds fédéraux est actuellement compris entre 0,75 % et 1 %, et deux autres hausses sont attendues d’ici la fin de l’année.

De son côté, la Banque du Canada a renoncé à relever ses taux, laissant le taux du financement à un jour à 0,5 % au cours des 19 derniers mois. La Banque n’est pas pressée de relever les taux, mais elle suit de près l’adoption, aux États-Unis, de politiques susceptibles de se répercuter sur la croissance de l’économie canadienne. Il faut souligner que l’évolution des taux d’intérêt à court terme n’est pas le seul facteur important. Même si la Banque du Canada n’est pas encore intervenue, le marché a déjà fait passer le taux des obligations à 10 ans de moins de 1 % à plus de 1,8 %.

Bien entendu, tout le monde ne s’attend pas à une fin imminente du marché haussier des obligations amorcé il y a 35 ans. Les sceptiques citent en exemple le Japon, confronté à une faiblesse persistante des taux d’intérêt à court terme depuis des années. Il se pourrait que les tendances démographiques empêchent un retour de l’inflation et une hausse des taux d’intérêt. Ils font également remarquer que les indicateurs économiques annonciateurs d’une reprise ne sont pas aussi probants que nous le souhaiterions. Ils insistent sur les capacités excédentaires et sur le fait que les dettes nationales sont non seulement élevées, mais croissantes.

Aucun d’entre nous ne peut prédire l’évolution des taux d’intérêt avec certitude. Marché haussier ou non, il est clair que les rendements obligataires ne seront pas aussi élevés que dans le passé.

Le moment est peut-être venu d’inclure des placements à revenu fixe non traditionnels dans les portefeuilles d’obligations.

Conseillers T.E. a par exemple examiné plusieurs possibilités pour ses portefeuilles. Pour diversifier les titres à revenu fixe, nous avons réfléchi aux avantages des obligations à rendement élevé, des prêts hypothécaires commerciaux, des actions privilégiées, des fonds d’obligations sans contraintes et des fonds de croissance diversifiés, entre autres.

Puisque ces titres de créance non traditionnels présentent des profils de risque différents de ceux des titres à revenu fixe classiques, il est important de bien comprendre les risques et avantages qui y sont associés avant de les ajouter à votre portefeuille d’obligations. Pour en savoir plus sur ces stratégies non traditionnelles et leur capacité à accroître les rendements, communiquez avec votre conseiller en placements.

Tessa Wilmott est une rédactrice, éditorialiste et chercheuse spécialisée dans le secteur des services financiers. Elle a été rédactrice en chef de la revue Investment Executive, et a occupé divers postes de journaliste et de rédactrice au Financial Post, au Financial Times of Canada et au Toronto Sun.


Cet article est extrait du bulletin Stratégies de Conseillers T.E., édition de mai 2017. Cliquez ici pour consulter le bulletin complet en format PDF.

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